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Accueil  >   Newsletter de la Faculté   >   Numéro 2 - Janvier 2016   >   Évaluation et observation des formations   >   Évaluation des formations

Évaluation des formations

Edouard Laroche a été Maître de conférences à l’Université de Strasbourg de 2000 à 2008. Depuis 2008, il est professeur à l’UFR Physique et Ingénierie et effectue ses recherches au sein du laboratoire ICube. Il a été responsable pédagogique de la Licence Professionnelle « Qualité et maîtrise de l’énergie électrique » de 2004 à 2014. Il anime l’évaluation des formations pour l’UFR Physique et Ingénierie depuis 2013. Interview réalisée par Auguste Besson.

Raconte nous la genèse de ce processus d’évaluation des formations. Est-ce parti d’un constat, d’un besoin, d’une demande expresse de l’université ? Quelle est la finalité de cette évaluation ?

L’université de Strasbourg a mis en place un dispositif général d’évaluation de ses formations en 2010-2011 sous l’impulsion d’Annie Cheminat, à l’époque vice-présidente de l’Université, dans un contexte d’obligation nationale. L’idée était de mettre en place une démarche qualité pour l’amélioration des formations.

Concrètement, quel est le processus ? As-tu besoin de t’adapter aux différentes filières ?

Un outil centralisé gère le processus et permet au service d’aide au pilotage de produire des statistiques sur l’ensemble des composantes. Dans notre UFR, les responsables pédagogiques ont directement accès à l’outil : ils choisissent la période de l’évaluation, relancent les étudiants et récupèrent les résultats. Je suis en charge de l’animation : relance des responsables de formation, assistance. Je fais également remonter les problèmes rencontrés.

Les résultats sont-ils publics ? Qui y a accès ?

Les responsables pédagogiques disposent de l’ensemble des résultats qui sont anonymes. Certains les diffusent au sein de l’équipe pédagogique et les utilisent en réunion de rentrée pour présenter la formation aux étudiants. Je réalise chaque année une synthèse qui est diffusée à la direction de l’UFR, aux responsables pédagogiques, au conseil d’UFR et présentée en assemblée générale. L’université dispose d’une synthèse sur l’ensemble des UFR qu’elle prévoit de rendre publique.

Quel est le taux de retour ? Comment est-ce perçu par les étudiants ?

Remplir ce questionnaire demande environ 15 minutes, ce qui n’est pas rien tout de même, aussi il n’est pas étonnant que tous les étudiants ne complètent pas ces enquêtes qui leur sont envoyées par courriel. On observe également de fortes variations d’une formation à l’autre et même d’une année à l’autre. Cela dépend des incitations qui sont faites par les responsables de la formation, mais j’y vois aussi une marque de la volonté des étudiants de s’impliquer dans l’amélioration des formations. Cette année, les taux varient de 33% à 80 % parmi les spécialités de M2, de 27 % à 58 % en licence générale (L1 et L3), et de 25 % à 100 % en Licence professionnelle.

Comment est-ce perçu par les enseignants et les responsables pédagogiques ? As-tu rencontre des réticences ? Y a-t-il confusion entre évaluation des formations et évaluation des enseignants et des enseignements ?

Cet outil est généralement apprécié par les responsables pédagogiques qui sont attachés à la qualité de leur formation. Évidemment, des craintes peuvent apparaître d’être jugé personnellement à travers ces enquêtes ou que les résultats servent à prendre des décisions de manière hâtive. Dans mon esprit, il s’agit avant tout d’un outil d’amélioration et on ne peut se baser sur ces seuls résultats pour prendre une décision importante. Par ailleurs, les enseignants sont invités à réaliser eux-mêmes des évaluations de leurs enseignements. Réaliser des évaluations nominatives des enseignants n’est pas à l’ordre du jour. Évidemment, il peut arriver que les remarques des étudiants visent spécifiquement des enseignements ou des enseignants.

Estimes-tu les résultats fiables ? As-tu identifié des biais ?

Il faut bien garder en mémoire que ces évaluations sont des enquêtes de satisfactions. Elles mesurent donc autant la qualité de la formation que le niveau d’exigence des étudiants. Et rien ne garantie que les niveaux d’exigence soient les mêmes d’une formation à l’autre ou d’une année sur l’autre.

Dans ce cas, à quoi servent les résultats des évaluations ?

Les utilités sont multiples. Les indicateurs servent à communiquer sur la qualité de nos formations, notamment lorsqu’ils sont bons, ce qui est en général le cas. Ils nous situent par rapport aux autres composantes de l’Université. Mais, ce qui est sans doute le plus utile pour l’amélioration des formations, ce sont les remarques formulées par les étudiants. Les responsables sont généralement conscients des problèmes. Mais les évaluations permettent de cerner de manière beaucoup plus précise leur étendue et sont donc un levier précieux pour agir.

Sur la durée, as-tu observé des tendances ? Quelles actions ont suivi ces évaluations ?

Sur les trois dernières années, il y a clairement une tendance générale à l’amélioration. Chaque année, des plans d’actions sont élaborés suite aux évaluations. Les améliorations portent sur le matériel (équipement de TP), la pédagogie et l’organisation (par exemple plus de précision sur les modalités de contrôle des connaissances).

Comment va évoluer ce processus ? Qu’apporte un historique plus grand ? Est-ce qu’y ajouter une évaluation par le monde professionnel au sens large aurait un sens ?

Ce processus est évolutif. Par exemple, l’an passé, il a été décidé de proposer un nombre pair de réponses, ce qui permet d’afficher des taux de satisfaction, ce qui n’était pas possibles précédemment où seul était disponible un indicateur synthétique plus difficile à interpréter. Regarder les évolutions sur plusieurs années est indispensable pour voir des tendances et lisser les accidents. Les évaluations des formations sont un outil indispensable dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue, mais ils ne sont pas le seul. Il existe d’autres enquêtes comme celles réalisées par l’observatoire de l’UFR sur les Master Ingénierie, les enquêtes d’insertion réalisées sur les apprentis ainsi que les enquêtes d’insertion réalisées par l’ORESIPE sur l’ensemble des Licences professionnelles et des Masters de l’Université trois ans après l’obtention du diplôme. Des conseils de perfectionnement sont également organisés en invitant des partenaires du monde socio-économique.

Globalement, comment sont vues les formations de l’UFR selon toi ?

Lors de la dernière enquête, 84 % des étudiants se sont dits satisfaits de leur formation. C’est un très bon résultat. Cela confirme les retours généralement très positifs de nos anciens étudiants et de nos partenaires.