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Le projet FiberMetriX

FiberMetrix est une start-up créée en 2014 grâce au financement apporté par la SATT Conectus Alsace (Société d’Accélération du Transfert de Technologies) suite au concours dont Till SOHIER a été lauréat.

Cet ancien étudiant de l’UFR physique & ingénierie titulaire d’un DEUG de sciences physiques et d’un Master de physique spécialité physique des rayonnements, détecteurs, instrumentation et imagerie (PRIDI) a poursuivi ses études par une thèse à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert-Curien (IPHC) qu’il a soutenue en décembre 2011. Après avoir passé une année au Japon, il participe au concours national 2014 d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes. Lauréat, il bénéficie d’un fonds d’investissement de la SATT Conectus Alsace qui lui permet de lancer son projet de développement d’appareils permettant de mesurer en temps réel la dose de rayons délivrée lors d’un scanner. Il a été interviewé le 28/09/15.

Till SOHIER Till SOHIER dans les locaux de FiberMetrix.

Comment l’idée de ce projet a-t-elle vue le jour ?

L’idée ne m’est pas venue du jour au lendemain, j’y pensais déjà lorsque je travaillais à l’IPHC. Cependant les laboratoires offrent peu de financements. C’est pourquoi, dès mon retour du Japon, j’ai participé au concours qui m’a permis d’obtenir des fonds pour lancer mon projet.

Comment avez-vous pu concrétiser votre projet ?

Tout est parti de la SATT qui a repris le projet et a mis les premiers euros. Elle a apporté un investissement d’environ 200 000 €. Au départ, ce financement n’avait pas pour objectif la création d’une start-up. J’ai dû insister. Quand on croit dur à son projet, il faut s’accrocher et il ne faut pas se laisser « porter ». Les refus n’ont pas entamé ma volonté. Suite aux ANR ratés, j’ai cherché un autre moyen de concrétiser mon projet et j’ai remporté ce concours.

Comment le projet a-t-il été accueilli ?

J’ai été surpris car j’ai reçu un bon accueil. En effet, l’environnement est favorable et les portes s’ouvrent. J’ai découvert qu’il y avait plus de facilités pour les jeunes entreprises que dans d’autres environnements comme au Japon, en Suède ou aux Etats-Unis. J’ai suivi quelques formations à l’entreprenariat. Au cours de l’une d’elles, j’ai eu l’occasion de me rendre dans la Silicon Valley et j’ai pu constater que l’environnement était très différent là-bas. Il y a une forte compétitivité. L’argent peut être débloqué assez facilement mais ensuite tout doit aller très rapidement. J’ai aussi pu relever que les Français sont fortement appréciés pour leurs compétences scientifiques.

Quels sont vos partenaires ?

Le projet est porté par Mélodie MUNIER, Jean-Marc JUNG et moi-même. Nous sommes tous les trois des universitaires. Nous avons deux associés, Philippe FREY et Fanny CARBILLET, qui ont déjà l’expérience de la gestion d’une entreprise. En effet, l’entreprenariat est quelque chose qui s’apprend, ce n’est pas inné. Sans eux, nous en serions restés au point mort.

Pouvez-vous nous décrire votre projet plus précisément ?

Nous avons mis au point une méthode permettant de mesurer les doses de rayonnements X que reçoivent les patients dans le cadre médical (lors d’un scanner) en temps réel, grâce à la fibre optique. Aujourd’hui, les modèles de mesure sont imprécis et ne permettent pas d’effectuer des mesures en temps réel. Les produits sont en cours de développement. FiberMetrix est spécialisée dans la R&D mais pas dans la fabrication. Cette étape passera par une société de production. Nous nous appuyons sur des acteurs locaux car en Alsace nous avons la chance d’avoir des gens très compétents dans ce domaine. De plus, nous travaillons en collaboration scientifique avec l’IPHC avec qui nous avons une convention de recherche qui nous permet de travailler en commun sur des nouvelles applications. Nous collaborons également avec le Centre Paul Strauss qui sera notre beta testeur. Les premiers tests sont prévus pour le premier trimestre 2016. La commercialisation du produit est, quant à elle, prévue pour septembre 2016.

Que vous ont apporté vos études universitaires ?

En tant qu’étudiant on ne se rend pas compte de la valeur intrinsèque que l’on peut apporter à l’entreprise. L’université nous permet de nous structurer, elle créée des profils autonomes. Il ne faut pas se sentir dévalorisé par rapport aux profils des étudiants d’écoles d’ingénieur. Il ne faut pas hésiter à s’investir, à travailler en groupe (être actif au sein d’une amicale…). J’ai une analyse très positive de mon parcours universitaire. Gérer une société n’est pas sorcier, en ce qui concerne le départ et l’administratif. Il faut se faire confiance et oser (passer des coups de téléphone…). Il n’est pas nécessaire d’avoir fait une école. Il faut savoir s’entourer, être à l’écoute, rester humble, travailler en équipe et respecter la compétence de l’autre. Pour un universitaire, il n’est pas compliqué de se faire un réseau, la CCI peut fournir un annuaire par exemple.

Interview réalisée par Sarah Prohaska et Edouard Laroche