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Licence professionnelle TNRP

Isabelle Rossini est enseignante-chercheure depuis 1992. Elle a suivi une formation d’ingénieur à Telecom Physique Strasbourg en 1988 puis elle a fait un DEA de physique subatomique à la Faculté de physique & ingénierie. Elle a enchaîné avec un doctorat en physique nucléaire puis a passé 20 ans à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) avant de rejoindre le Laboratoire Interuniversitaire des Sciences de l’Education et de la Communication (LISEC) en 2009. Elle y pratique la recherche dans les domaines de la technologie et de la communication et a sorti un livre intitulé : " Appropriation sociale des MOOC en France" écrit avec trois collègues de son laboratoire. Cet ouvrage retrace la genèse des MOOC (massive open on line courses) au niveau mondial et examine les processus d’appropriation en France. Isabelle Rossini est également responsable de la licence professionnelle Techniques nucléaires et radioprotection (TNRP) depuis 2004.

A quand remonte la création de la licence professionnelle TNRP ?

La licence professionnelle TNRP figure parmi les premières licences professionnelles à avoir été habilitées en France en 2000. La formation existait auparavant sous la forme d’une option dans un IUT (ESTS option nucléaire) puis en tant que Certificat d’Etudes Spécialisées (CES) Techniques Nucléaires et Radioprotection qui était un diplôme universitaire spécialisé à bac +3.

Quels sont les débouchés de la formation ?

Les débouchés sont très nombreux. Il y a le secteur électronucléaire mais ce n’est pas le seul. Ce secteur est très riche car dans une centrale nucléaire il y a une variété de postes tels que la radioprotection, le pilotage de la centrale, les essais (c’est-à-dire le contrôle et le fonctionnement de la centrale avec la thermodynamique par exemple), le laboratoire d’analyse et de mesure de l’environnement (prélèvements d’eau et d’herbe pour vérifier l’impact éventuel sur l’environnement, etc.), le service planning et qualité… Parmi les autres débouchés, on peut citer les fabricants de combustible (AREVA), la gestion des déchets (ANDRA), les laboratoires du CEA, les industries qui utilisent des radioéléments (automobile, agroalimentaire, aéronautique, sociétés de forage…) et les technicocommerciaux qui vendent du matériel. Il y a également le milieu hospitalier avec le contrôle des appareils à rayonnements ionisants tels que les scanners, les appareils de radiologie… notamment chez les dentistes ou les chez vétérinaires. Ces mesures sont effectuées par des personnes ayant la certification PCR (Personne Compétente en Radioprotection). La licence professionnelle TNRP prépare à cette certification.

Le taux d’insertion des étudiants est de 100 % dans les 3 mois qui suivent l’obtention du diplôme parmi ceux qui ne poursuivent pas d’études. La variété des débouchés permet aux diplômés de trouver très rapidement un emploi. Les meilleurs étudiants des promotions, en général 3 ou 4 chaque année (sur un effectif de 16 à 24 étudiants), poursuivent leurs études en master Physique et Technologies des Rayonnements pour l’Industrie et la Physique Médicale à Clermont-Ferrand ou en école d’ingénieur avec la spécialité Génie des Installations Nucléaires en alternance par exemple. Cependant la licence professionnelle a pour vocation l’insertion professionnelle immédiate et si un étudiant envisage de faire un master, il vaut mieux qu’il s’inscrive en licence de Physique.

Comment se déroulent les cours ?

90 % des cours se déroulent à l’IPHC. Il y a donc un fort adossement recherche. En plus des cours dispensés par des chercheurs de l’IPHC (équipe RAMSES et DRHIM), on peut compter également beaucoup d’intervenants extérieurs comme des vacataires d’AERIAL (agroalimentaire), de l’ASN, de l’ITU de Karlsruhe, d’EDF, ou encore du CHU de Strasbourg. Environ 30 % des enseignements sont réalisés par des professionnels.

Par ailleurs, la formation bénéficie d’une convention de partenariat avec la centrale nucléaire de Fessenheim. Depuis 2005, les étudiants peuvent faire des TP sur le simulateur de pilotage qui est l’outil de formation des ingénieurs EDF. Toutes les centrales ne sont pas équipées d’un tel outil. Fessenheim est un centre de formation et le simulateur est une réplique d’une salle de commande. La convention inclut également des cours et la possibilité de faire des stages à la centrale.

Comment évolue la formation ?

Des échanges ont lieu lors de conseils de perfectionnement une fois par an. Des discussions avec des professionnels du domaine ainsi que des étudiants et des représentants d’Espace Avenir et de la VAE introduisent de nouvelles compétences comme cela a été le cas pour la dosimétrie en milieu médical ou les TP de simulation numérique. La fermeture de la centrale de Fessenheim va engendrer un besoin de personnel pour le démantèlement. Dans la nouvelle accréditation de la licence, il y a donc une augmentation des cours sur ce sujet. La fermeture signifie l’arrêt de la production mais cela va créer beaucoup d’emplois à bac+3 notamment pour le démantèlement. C’est un domaine qui ne connait pas la crise et qui manque de personnes formées.

Que vous apporte la responsabilité de la formation ?

Ma motivation est la passion de l’enseignement. C’est un enrichissement personnel. J’aime accompagner les étudiants notamment dans la recherche de stage car ce n’est pas évident d’envoyer des candidatures spontanées dans le domaine du nucléaire. Le contact avec les professionnels est très intéressant également.

TP à la centrale nucléaire de Fessenheim.

Interview réalisée par Edouard Laroche, Sarah Prohaska et Guillaume Weick.