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Master Sciences pour l’ingénieur spécialité MNI

Yannick HOARAU est professeur à la Faculté de physique & ingénierie et responsable du master Sciences pour l’ingénieur spécialité Modélisation numérique en ingénierie (MNI ou Computational engineering).

A quel type d’étudiants s’adresse le master MNI ?

La formation s’adresse à des étudiants qui aiment l’informatique ainsi que la programmation et qui ont un intérêt pour la mécanique car le master vise à former des numériciens en mécanique. L’outil informatique est le cœur du métier et les deux thématiques phares sont la mécanique des fluides et la mécanique des solides. Lorsque l’on souhaite améliorer un procédé physique, il est nécessaire de savoir d’où provient le problème ou de bien comprendre ce qui se passe. Avec l’outil numérique, cela est rendu possible car la visualisation permet de comprendre physiquement ce qu’il se passe pour ensuite résoudre ce problème. Pour les industriels, cela représente un gain important de temps et d’argent par rapport à la réalisation d’une maquette. Les étudiants apprennent ainsi à résoudre différentes problématiques qui peuvent concerner aussi bien l’écoulement des rivières, des bassins d’orage ou encore l’amélioration de l’aérodynamisme d’une aile d’avion d’un Airbus A320 (la mécanique des fluides se retrouve en effet dans beaucoup d’industries).

La première année du master est surtout académique avec des cours théoriques sur la mécanique des fluides et des solides. Les étudiants travaillent sur les équations des différents domaines de la mécanique, mais aussi sur les aspects numériques. Ils ont des projets où ils apprennent à résoudre des problèmes spécifiques. En deuxième année, en revanche, les étudiants utilisent les codes de calcul au cours de projets qui traitent la problématique dans son ensemble : générer la géométrie, faire un maillage adapté, résoudre le problème, puis visualiser et enfin analyser les résultats.

Au niveau des débouchés, 50 % à 80 % des étudiants poursuivent en thèse dans le domaine de la modélisation numérique. En effet, la formation entretient des liens étroits avec la recherche. Tous les enseignants du master sont des chercheurs actifs dans des domaines pointus tels que par exemple la biomécanique des chocs, la turbulence, la rhéologie, les écoulements à surfaces libres... Cela se retrouve dans la formation car le socle des fondamentaux est plutôt connoté recherche. Les étudiants qui ne font pas de thèse trouvent facilement un emploi d’ingénieurs d’études.

Quels sont vos effectifs dans cette formation ?

En master 2, il y a entre 10 et 20 étudiants. En master 1, l’effectif est un peu moindre. La différence s’explique par le fait qu’en deuxième année, des étudiants d’écoles d’ingénieur rejoignent le cursus afin de compléter leur parcours ainsi que des étudiants déjà diplômés qui veulent une spécialisation en modélisation numérique en mécanique.

Les cours se déroulent au sein du département Mécanique du laboratoire ICube car il y a des ressources informatiques dédiées sur place et en deuxième année, les étudiants y ont cours en permanence.

D’où viennent les étudiants ?

La formation se déroule entièrement en anglais. Cela permet d’ouvrir les candidatures aux étudiants qui ne parlent pas français. Chaque année, il y a entre 4 et 10 étudiants non francophones qui peuvent venir d’horizons très variés tels que l’Inde, la Macédoine, la Chine, l’Afrique… Les promotions sont très hétérogènes, et cela représente une expérience enrichissante, également pour les étudiants francophones.

Entre 5 et 7 étudiants passent directement du M1 au M2 avec des niveaux très variables mais ceux qui ont suivi le M1 réussissent toujours bien en dernière année. Ces étudiants progressent beaucoup dans les matières scientifiques et en anglais. C’est un peu plus difficile pour ceux qui arrivent directement en M2 car durant cette dernière année on n’a plus le temps de revenir sur les fondamentaux, on se concentre sur la pratique logicielle.

Pour 2018, une nouveauté devrait apparaître : un partenariat est en cours avec l’Université de Tioumen en Russie. Un double diplôme devrait ouvrir qui permettra aux étudiants strasbourgeois de se spécialiser en modélisation numérique des fluides dans les domaines gaziers et pétrolifères au master 2.

Interview réalisée par Edouard Laroche, Sarah Prohaska et Guillaume Weick.