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Accueil  >   Newsletter de la Faculté   >   Numéro 3 - Juillet 2017   >   Les anciens de la Faculté   >   Philippe BECKRICH

Philippe BECKRICH

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Après avoir étudié en classes préparatoires, j’ai intégré l’Université. Je me suis inscrit en licence de physique en 2001 puis j’ai passé une maîtrise en 2002 et enfin un DEA en 2003 dans le domaine de la matière condensée. Etudier à l’université a été un grand changement pour moi par rapport au système très encadré des CPGE. J’avais des idées reçues vis-à-vis du système universitaire, mais j’ai trouvé les cours très diversifiés et j’ai eu de très bons enseignants. Certains cours étaient particulièrement passionnants. Je me suis d’ailleurs orienté vers la matière condensée grâce à des professeurs qui l’enseignaient avec passion. De plus, je me suis retrouvé dans une promotion très dynamique, il y avait une très bonne atmosphère de travail et une grande émulation entre les étudiants. Je me suis vite rendu compte que mes a priori étaient infondés. J’ai par la suite fait une thèse en 3 ans à l’Institut Charles-Sadron en physique théorique puis je suis devenu attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER), avant d’enchaîner avec la préparation à l’agrégation de physique de la Faculté de physique & ingénierie. Cette formation a été l’occasion de réapprendre plein de choses car elle est très complète et enrichissante, notamment grâce aux travaux pratiques.

Après l’obtention de l’agrégation, je suis devenu professeur du secondaire. J’ai passé deux années dans un lycée de la ville d’Aulnay-Sous-Bois, avant de revenir à Strasbourg où je suis affecté au lycée international des Pontonniers. J’y enseigne notamment en anglais, langue que j’ai pratiqué durant ma thèse (cela représente environ 10 % de mes enseignements).

De mon point de vue, c’est un point très valorisant d’effectuer une thèse, même si l’on ne se destine pas forcément à une carrière académique par la suite. Cela apporte un regard différent et donne une chance de connaître l’envers du décor. Par exemple, cela permet de savoir que les chercheurs sont des personnes accessibles. Mes contacts avec d’anciens professeurs ou camarades de promotion me permettent ainsi d’organiser des présentations du métier de chercheur par des membres de la Faculté et/ou du CNRS dans mon lycée.

Pouvez-vous nous parler de votre métier ?

Ma motivation initiale est la transmission. J’en ai fait la première expérience pendant ma thèse avec le monitorat durant trois années. J’ai enseigné beaucoup de travaux pratiques et appris à aimer le faire. Cela m’a donné envie d’enseigner le côté expérimental de la physique.

Au lycée des Pontonniers, j’ai quatre groupes différents. En sciences physiques, les travaux pratiques sont essentiels. Le fait de manipuler nous permet de guider plus naturellement les élèves vers des raisonnements plus abstraits. Mon rôle est de les aider à structurer leurs idées plutôt que de leur apporter toutes les connaissances « sur un plateau ». Je pars d’un état des lieux, de ce qu’ils connaissent ou croient savoir, je les questionne sur leurs hypothèses et propositions. Il y a beaucoup d’interactions en classe. Cela constitue un point central.

Avez-vous un conseil à donner aux étudiants ?

Je dirais qu’il faut profiter de ses études (licence, master) avant la préparation aux concours pour prendre de la hauteur. L’enseignant doit avoir de très bonnes connaissances pour répondre aux interrogations des élèves. On ne peut de loin pas se limiter au niveau enseigné, il faut en effet en savoir beaucoup plus que ses élèves. Lors des enseignements que j’effectue en préparation au CAPES de la Faculté, j’essaie de conseiller les étudiants dans ce sens.

Dans les salles de la préparation au CAPES et à l’agrégation de la Faculté, le matériel permet de faire des expériences de très bon niveau, et l’encadrement est de haute qualité : il faut en profiter pour apprendre et approfondir encore les notions. Il faut être passionné et aimer la science pour rendre la physique et la chimie attrayantes auprès des élèves.

Interview réalisée par Edouard Laroche, Sarah Prohaska et Guillaume Weick.