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Accueil  >   Newsletter de la Faculté   >   Numéro 4 - Avril 2018   >   Partenariat industriel   >   Anne-Claire PETER

Anne-Claire PETER

Anne-Claire PETER intervient en tant que chargée d’enseignement vacataire à la Faculté de physique & ingénierie depuis 2016, principalement en master Génie industriel.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis responsable formation et développement professionnel chez Carambar & Co. Cette entreprise est la seule que j’ai connue mais j’ai pu rencontrer beaucoup de personnes différentes tout au long de mon parcours professionnel. Je peux dire que j’entretiens un rapport affectif avec mon entreprise. Si mon parcours a commencé en zig-zag, je vois aujourd’hui que mes choix ont toujours été guidés par mon intérêt pour l’humain.

J’ai commencé comme stagiaire contrôle de gestion lorsque j’étais étudiante en 3e année de licence puis j’ai occupé différents postes comme celui de chargée des méthodes et coûts de production avant de travailler dans les RH.

Travailler dans l’industrie a été un vrai choix. En effet, après des études d’histoire et de marketing, je me suis orientée vers la filière Administration économique et sociale (AES) puis vers une maîtrise de droit. A mes yeux, l’industrie représente l’intelligence et le collectif.

Quels cours enseignez-vous à la Faculté de physique & ingénierie ?

A la Faculté de physique & ingénierie, je donne des cours de « GRH », c’est un acronyme pour parler des différentes techniques de gestion des ressources humaines ! J’ai eu envie d’enseigner car je suis responsable de la formation au sein de mon entreprise. De plus, j’aime le théâtre et puis c’est également une histoire de famille car mon père travaillait en R&D et donnait des conférences internationales.

Avant de commencer mes premiers cours, j’avais un peu peur de ne pas réussir à intéresser les étudiants, de ne pas réussir à rendre le cours concret. C’était très déroutant, même pour une professionnelle. J’ai choisi de donner des cours sous forme de TP plutôt que des cours en amphithéâtre car pédagogiquement je trouve cela plus intéressant. En effet, à mon sens, cela permet de favoriser les interactions et les mini exercices fréquents. Les animations se préparent autant que le contenu. Il faut réussir à convaincre les étudiants tout en adoptant une attitude ferme et bienveillante. C’est tout le challenge. Avec le temps, j’ai pu me former à la relation aux étudiants. Je suis moins impressionnée ce qui me permet de mieux entendre ce qu’ils savent ou non et ainsi de mieux coller aux besoins de la formation.

Parallèlement, dans le but d’enrichir mes cours, je souhaite consulter de nouvelles entreprises afin d’apporter encore plus de concret.

Notre faculté a signé un mécénat de compétence avec votre entreprise. De quoi s’agit-il ?

En effet, un mécénat de compétences a été signé avec Carambar & Co en 2018. Cela me permettra de consacrer une partie de mon temps de travail à mes enseignements. Mon entreprise s’y retrouve grâce à la défiscalisation. Cela répond à une envie forte de ma part de consacrer une moitié de mon temps de travail à l’enseignement. J’en profite pour préciser que je ne suis pas la seule de ma société à enseigner : nous sommes quatre à intervenir à l’Université de Strasbourg dont deux à la Faculté de physique & ingénierie sur un total de 25 cadres.

A titre personnel, que vous apporte le fait d’enseigner ?

Donner des cours m’a appris à savoir gérer et intéresser un groupe. Cela m’a forcément amenée à effectuer des recherches sur ma pratique et ainsi augmenter mon expertise et devenir plus professionnelle. Mais de manière inattendue, cela m’a amenée à me poser de vraies questions comme celle qui a surgit en cours sur le sens du travail. Cette question est fondamentale face à des étudiants qui sont au début de leur vie professionnelle. Parler du sens du travail fait référence à la motivation très profonde. Alors forcément, pour une RH, c’est une question essentielle !

Quels sont pour vous les points positifs et les difficultés rencontrés à la Faculté ?

J’éprouve une frustration de ne pas pouvoir faire de corrections avec les étudiants après les examens. Je ressens également un manque de visibilité sur ce qui a été vu dans les autres cours. De plus, le personnel administratif de la Faculté semble très chargé.

Concernant les étudiants, la plupart a un problème avec l’orthographe. Le niveau de français est très inégal. Certains étudiants ont un bon niveau et sont capables d’analyses profondes, alors que d’autres sont plus immatures. Les apprentis sont intéressants pour mon cours car ils ont une bonne connaissance de l’entreprise et du monde professionnel.

De manière générale, les étudiants sont très respectueux. Souvent, ils restent à la fin des cours pour m’aider à ranger ou pour poser des questions de tout ordre. Ils cherchent un assentiment. Cette recherche de relation est tout à fait sympathique.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants ?

Je leur conseillerais de ne pas chercher à paraître, mais d’avoir envie de s’entraîner un maximum. Accepter de faire des erreurs car si celles-ci ne sont pas « fatales », c’est un excellent moyen d’apprendre et de devenir compétent. Enfin, je les encouragerais à développer des liens réellement amicaux avec leurs camarades, car savoir tisser des liens est un puissant facteur de motivation. Et sans amis, on ne va pas très loin. Et ça aide pour mieux travailler.

Interview réalisée par Edouard Laroche et Sarah Prohaska.